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12 mars 2021
Association

TRIBUNE #2 : Nos Alumni agissent pour l'environnement et le climat !

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Le 8 Décembre 2020, le Conseil d'Administration de Supméca Alumni a voté à l'unanimité le soutien de l'association auprès du collectif Alumni for the Planet. Dans le cadre de ce soutien nous offrons une tribune mensuelle aux Alumni de Supméca qui agissent pour le climat et l'environnement pour promouvoir leurs actions, leurs projets !

Ce mois ci découvrez les témoignage de Raphaël Auria (C2015) et ses associés Léo Jacquin (C2015) et Jacques-Yves Baumann (C2015)

Engagez vous avec Alumni for the Planet et envoyez nous votre témoignage : communication@supmeca-alumni.com !


 

Salut les Mécasupiens ! Je suis Raphaël Auria, ancien étudiant de Supméca Toulon et je vous écris de Toulouse ma ville de cœur. Mon parcours est atypique et sans grande cohérence, mais je vais tenter de vous en délier les méandres…  

Fraichement sorti de l’école en 2015, j’étais alors heureux de commencer un travail d’ingénieur à la Rochelle dans l’énergie marine. Je travaillais alors pour l’amour de la technique, sans trop me poser de questions et heureux d’explorer mes nouvelles prérogatives.

Puis en 2016, un ami de longue date, Léo Jacquin, lui aussi ancien élève de Supmeca et ingénieur dans le ferroviaire m’appelle pour me parler d’un projet un peu fou. Il veut écrire un livre, rien que ça. Mais pas n’importe quel livre, un guide en fait, un guide pour auto-construire une maison autonome en énergie et en nourriture. Pourquoi ? Il se sent inutile dans son travail et, de plus, comme le disait un ancien président, « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Pourquoi une maison ? Car la maison répond à un besoin vital, que nous sommes tous concernés et que les consommations d’énergie primaire dans le bâtiment dépassent celles des autres secteurs, avec plus de 40% des consommations totales, sans parler des autres impacts environnementaux.

Il avait raison, mais quel fastidieux projet pour deux novices en la matière ! Nous voilà alors instantanément rejoints par un troisième acolyte Jacques-Yves Baumann, ami et lui aussi ancien élève de Supmeca. Nous échangeons à distance sur cet ambitieux projet, et nous apprenons ce qu’est l’écologie, la vraie, celle qui veut sauvegarder l’espèce humaine dans son environnement naturel. Nous apprenons sur tout, le bâtiment, l’agriculture, l’énergie. Nous lisons, regardons et écoutons. Très vite l’ampleur de la tâche apparait clairement, nous n’y arriverons pas dans un avenir proche, il faut repenser le projet.

Jacques-Yves BaumannRaphaël Auria et Léo Jacquin

Il fallait à ce moment-là trouver une solution qui puisse améliorer le contexte environnemental

Il fallait à ce moment-là trouver une solution qui puisse améliorer le contexte environnemental et qui nous permette aussi de vivre.  La création d’une entreprise s’est alors peu à peu imposée, avec la nécessité de compléter notre auto-formation de manière plus officielle. Nous avons donc repris nos études en 2018, quittant nos emplois confortables avec la boule au ventre mais la conviction que ce que nous faisions était juste.

Aujourd’hui je suis donc entre autre ingénieur thermicien Léo est économiste de la construction et Jacques-Yves est charpentier. Vous l’avez compris, l’idée était de diversifier nos connaissances et qu’elles soient connexes, tout en intégrant un nouveau réseau. Durant notre reprise d’études, nous avons d’ailleurs intégré un incubateur pour étudiants entrepreneurs qui nous a permis de nous former à la construction d’un business model.

En 2020, après une année d’étude de marché, de choix d’un modèle économique et de conception d’identité, nous créons la SCOP Houself à Toulouse, maître d’œuvre en écoconstruction et bureau d’études thermiques. C’est lors de cette même année que nous rejoignons Alumni For The Planet, dont l’engagement faisait écho à notre nouveau parcours.

C'est quoi une SCOP ?

Tout d’abord, pourquoi une SCOP, et qu’est-ce que c’est ? Une SCOP C’est un peu l’anti start-up, puisque son modèle économique n’est pas compatible avec une croissance exponentielle attirant les investisseurs externes. C’est une Société Coopérative Participative où tout salarié est associé et où chaque personne à le même pouvoir de décision (quel que soit son investissement au capital ou sa place dans l’entreprise), 1vote = 1 voix. C’est un modèle qui privilégie la rémunération des salariés et l’investissement dans l’entreprise plutôt que la redistribution des dividendes aux actionnaires. L’entreprise appartient en majorité aux salariés et ne peut être vendue plus que sa valeur initiale.

Nous avons choisi ce modèle en imaginant le futur de l’entreprise, pour la sécurité de celle-ci et de ses salariés, car nous voulions un modèle fiable et durable sur le long terme. C’est de plus un modèle qui favorise la coopération et le partage dans un système hiérarchique souvent très horizontal, ce qui nous a tout de suite séduit.

Que fait Houself concrètement ?

Notre premier client ? L’environnement

Nous concevons des maisons écologiques neuves, des extensions et des rénovations et nous assurons le suivi du chantier de A à Z avec des artisans spécialisés en écoconstruction. Notre premier client, c’est l’environnement, nous avons appris ce qu’était une maison écologique et nous avons une réflexion très globale sur ce sujet, bien plus aboutie que la simple idée de maison autonome. Une maison écologique c’est d’abord une maison qui consomme peu d’énergie à sa fabrication, avec des matériaux locaux biosourcés (bois, paille, chanvre…), géosourcés (terre, chaux aérienne…) ou recyclés (ouate de cellulose) et des artisans proches du chantier. Bien sûr c’est aussi une maison qui a besoin de peu d’énergie pour fournir un confort optimal à ses habitants, pas besoin de clim dans nos maisons et en général, un simple poêle suffit pour tout chauffer.

Dans notre conception technique, architecturale et thermique nous intégrons aussi l’environnement extérieur paysager, le jardin. Formés en Permaculture dans le premier mois de notre création et rejoints par une paysagiste, nous concevons le jardin avec la maison. Un jardin potager peut servir à bien plus qu’à se nourrir, il peut permettre d’apporter de l’ombrage sur la maison en été, de couper les vents frais dominants, de limiter la remontée d’humidité etc. Les alliances entre bâtiment et jardin sont infinies et rendent notre métier encore plus riche.

Quel est notre impact sur l’environnement ? Pour cela il faut faire une analyse du cycle de vie d’un bâtiment. Rassurez-vous, on l’a fait pour vous. Une maison écologique stocke du carbone (dans le bois et les végétaux), et le stocke pour plusieurs dizaines d’années, son impact est positif sur l’environnement car elle en stocke plus qu’elle n’en consomme à la construction ! Incroyable mais vrai, c’est un moyen d’inverser la tendance actuelle si toutefois cela va de pair avec la baisse progressive des émissions de C02 (car dans 100 ans, la maison en bois sera peut-être brûlée et alors il faudra qu’il y ait « de la place » dans l’atmosphère).

Se soucier du carbone c’est bien mais ce n’est pas tout, et à ce sujet, rénover est plus écologique que construire car on n’empiète pas sur un écosystème existant vierge de toute présence et on réduit notre impact sur le milieu (pollution des sols, des eaux etc.). Sans parler du cachet des vieilles bâtisses rénovées et du confort apporté par des matériaux aujourd’hui hors de prix comme la pierre et la terre.

Bien qu’épanouis dans notre activité on aimerait honnêtement pouvoir se passer de construire, mais nous somme des plus en plus nombreux sur terre. C’est d’ailleurs là le vrai nœud du problème. Alors si on ne peut pas inverser la croissance démographique, tentons ensemble d’inverser celle de nos émissions.

Plus d'infos : http://scop-houself.fr/




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